• Accueil
  • > Belaïd Abrika écrit à l’Onu

Belaïd Abrika écrit à l’Onu

lematin.jpg

 

Abrika lance un avertissement au pouvoir

dans une

« Lettre au peuple Algérien

et

aux ONG et instances internationales »

image

« Le changement étant irréversible, le pouvoir doit savoir que sans interlocuteurs à la hauteur de leurs missions et devoirs et organisés dans un cadre démocratique et pacifique, il met la république et le peuple en danger de dislocation et de violence irrémédiables (…)L’opinion nationale et internationale est encore une fois prise à témoin sur les dépassements graves et récurrents dont se rendent coupables les pouvoirs publics (…)Aussi, nous avertissons l’opinion sur l’urgence de l’application complète du protocole d’accord sur la mise en oeuvre de la plateforme de revendication d’El-Kseur…»

C’est en ces termes que Belaid Abrika, en tant que « délégué du Mouvement citoyen des archs », s’adresse à l’opinion dans une « Lettre au peuple Algérien et aux ONG et instances internationales » que nous reproduisons ici intégralement.

terre0301.gif

Chers compatriotes,

Mesdames et messieurs, représentants des ONG et des instances internationales,

Notre pays, l’Algérie, sombre dans le chaos et l’incertitude sous l’insoutenable poids de la gestion anti-démocratique des institutions de l’Etat et des affaires publiques et de pratiques de corruption et d’entretien à dessein de la misère sociale et intellectuelle des masses conjuguées la violence multiforme.

Pendant ce temps insupportable, l’Algérie officielle invite le peuple Algérien appauvri et la communauté internationale à suivre les babils de perruches des hommes fusibles, du système inamovible, sur la paix revenue, la place confortable de l’Algérie dans le concert des nations, les prouesses des réformes, les succès des projets de la relance économique et se réjouit des notes potables de bonne gouvernance que lui accordent des régimes autant figés que vieillissants du mécanisme africain d’évaluation par les pairs .

La rente pétrolière profite aux différents puissants groupes mafieux

L’Algérie du baril, courtisée pour ses richesses naturelles au plan international, est toujours en queue des pays de la région en matière de développement économique, social et technologique et risque de rater le train des réformes profondes qui s’imposent en cette conjoncture propice, mais trompeuse car éphémère, marquée par des réserves de change extraordinaires générées exceptionnellement par les prix élevés du pétrole et du gaz.

Au lieu de saisir cette énième occasion pour tendre la main à une population qui a tout donné pour espérer un minimum de paix et de prospérité et construire un véritable système démocratique, qui soit en communion avec notre histoire, en phase avec les défis à venir et soucieux des intérêts de la majorité, le pouvoir continue de privilégier la répartition de la rente pétrolière sur ses différents puissants groupes mafieux qui, bon gré mal gré, s’attribuent impunément ce qui devait aider à assurer l’édification du bien être de tous les Algériens et des futures générations.

Le bon sens et la responsabilité politique historique voudraient que ces excédents de la balance commerciale soient réinjectés dans les économies productives avec comme gage de sécurité et de réussite durable une diversification des ressources financières pour s’assurer une prospère économie nationale indépendante des revenus, limité dans le temps, des gisements pétroliers et se mettre définitivement à l’abri des fluctuations des prix des hydrocarbures

Et malheureusement, à la place d’une politique sérieuse d’investissement productif, le pouvoir oppose la thésaurisation en direction des couches sociales étouffées et fragilisées. Cette austérité sans fondement économique et/ou financier, est appliquée dans l’opacité qui caractérise la gestion du fonds des recettes pétrolières. Les tenants du régime continuent ainsi leurs œuvres de détournements de l’argent public en écrasant au passage, par le dénuement et l’angoisse, la majorité défavorisée.

L’Algérie n’attire que les trafiquants en guise d’investisseurs

Des secteurs névralgiques tels que l’industrie et l’agriculture qui devraient jouir d’une attention particulière pour relever les défis communs, mais néanmoins stratégiques, de l’autosatisfaction alimentaire et la garantie d’une variété de débouchés d’activités industrielles compétitives et durables, sont carrément délaissés au profit d’une noria d’importateurs véreux protégés par les groupes d’intérêts politico- financiers qui gangrènent toutes les institutions de l’Etat et pourrissent la société.

Cela dit, le climat d’affaires est tellement infecté qu’il n’attire plus d’investisseurs étrangers, et ceux qui s’y aventurent se résignent à placer des capitaux en deçà des possibilités qu’offrent les potentialités nationales. Dans ce sens, l’absence de transparence dans la gestion des fonds et des marchés et la violation des critères de bonne gouvernance, fait que l’Algérie n’attire et n’attirera en gros que les trafiquants de tous bords en guise d’investisseurs nationaux et étrangers qui suceront encore et encore les biens de la nation.

D’autre part, fatiguée d’attendre des jours meilleurs, la population tente de survivre comme elle peut dans la précarité et la misère ambiante où le chômage est le plus constant des dénominateurs communs de la population Algérienne. Chaque pauvre Algérien pour ne pas crever de faim, lui même et ses enfants, s’agrippe à des moyens périlleux et dégradants. La drogue, la prostitution et la violence acceptées dans les mœurs quotidiennes n’inquiètent plus les autorités, qui s’en servent occasionnellement pour les besoins de tester les modernes et redoutables arsenaux de répression.

L’absurde calcul de faire de tous les Algériens des voyous

La jeunesse, source d’énergie et facteur indispensable de développement économique est soumise à un traitement vicieux qui l’éloigne de l’activité politique et de l’exercice syndical. « La politique c’est pour les corrompus et les anti-nationalistes », lui inculque-t-on. La dépolitisation compromet le présent du pays et rend incertain son avenir. Cette question interpelle tous les acteurs et personnalités intègres de la société où qu’ils soient car elle relève de la continuité même des institutions de l’etat déjà fragilisées par les multiples agressions qu’elles subissent depuis l’indépendance.

Le changement est irréversible

Le changement étant irréversible, le pouvoir doit savoir que sans interlocuteurs à la hauteur de leurs missions et devoirs et organisés dans un cadre démocratique et pacifique, il met la république et le peuple en danger de dislocation et de violence irrémédiables. Car l’absurde calcul de faire de tous les Algériens ou bien des trafiquants ou des voyous pour vivre « normal », même s’il donne temporairement satisfactions aux visées basses de ses concepteurs, ne saurait durer dans le temps et ses conséquences gravissimes dépasseraient tout stade de rattrapage.

Le salut de tous et de l’Algérie est de permettre aux jeunes de réunir par eux mêmes et pour eux mêmes les conditions qui permettent d’exercer la politique et de travailler honnêtement et d’instaurer une morale qui récompense tout effort sain au bénéfice de l’individu et de la collectivité.

Sur un autre plan, le pillage et la dilapidation des richesses nationales et des deniers publics par des cercles occultes squattant les plus stratégiques des fonctions de l’etat sert aussi à alimenter et à promouvoir sur la scène publique une flopée d’organisations alibi qui servent de faã§ade démocratique lors de mascarades électorales toutes préfabriquées. Comme à l’accoutumée, la désaffection populaire et le rituel de la fraude qui domineront les élections locales de ce 29 novembre 2007 n’apporteront aucune leçon de politique démocratique au pouvoir qui sera le premier à acclamer les résultats et à placer des élus qui manqueront forcément de légitimité.

Un autre scénario dépensier qui se déroule dans un champ public où les libertés de s’organiser et d’agir, explicitement remises en cause, se rétrécissent dangereusement de jour en jour.

Une justice aux ordres

L’école qui est par excellence un lieu de savoir et de tolérance est cataloguée comme un enjeu et un segment essentiel de diffusion massif et systématique de connaissances et de croyances inutiles, irrationnelles et rétrogrades. Les fonctionnaires, les enseignants, les universitaires, les médecins, les magistrats et les chercheurs sont clochardisés par des salaires et des égards indignes d’une république moderne qui rechercherait des ouvertures sur l’espace humain et technologique mondial et les progrès scientifiques.

La justice qui cumule les impaires est décriée à chaque audience par les justiciables. Tout le monde sait que la plupart des verdicts des procès (dans le cas où on daigne les tenir à temps ou tout au moins les programmer) sont cousus dans les anti-chambres des tribunaux ou dans quelque saloon des places huppées.

Les femmes n’évoluent toujours pas d’égal à égal avec les hommes devant des juridictions même après les amendements introduits au Code de la famille et ce malgré l’évolution du mode de vie des Algériennes et des Algériens et les énormes sacrifices des militantes et militants pour son abrogation. A ce sujet, le gouvernement, à défaut d’anticiper, a la responsabilité et le pressant devoir de se mettre au diapason des changements en cours dans la société.

Censure et harcèlement

Les médias travaillent sous la menace permanente de poursuites judiciaires, de suspension (si ce n’est pas d’interdiction de publication à l’exemple du quotidien Le Matin), d’amendes et de condamnation à la prison ferme ou avec sursis. La liberté de la presse dont l’acquis a coûté la vie à des dizaines de professionnels est en voie de devenir un slogan creux et le métier de journaliste, des plus périlleux.

Le syndicaliste engagé est à la merci de l’injustice des pressions multiformes, policières, juridiques et administratives orchestrées à son encontre pour le faire taire. Le refus d’agréer des syndicats libres est la preuve indéniable de la volonté d’en finir avec le débat contradictoire, celui des idées, pour revenir au carcan et modèle du parti unique.

Que vise la campagne de désinformation et d’intox ?

Par ailleurs, la résistance héroïque des jeunes de Kabylie face aux balles et à la répression meurtrière du pouvoir durant les graves évènements du printemps noire 2001 est le centre d’une campagne de désinformation et d’intox dont l’objectif inavoué est de faire passer le gros mensonge que le mouvement citoyen est une organisation nuisible pour les wilayas de Kabylie et pour toute l’Algérie et est indésirable au sein de la population. Le pouvoir a agi ainsi pour discréditer et affaiblir une dynamique qui menace les intérêts de son existence et qui a failli emporter dans son sillage le système sur lequel il (le pouvoir) repose n’étaient-ce les manigances et les trahisons, vis à vis de la population, de ses relais en Kabylie et ailleurs, la barbarie de ses réactions de bête blessée, ses volte face dans ses engagements officiels et solennels et les défaillances propres à toute jeune organisation spontanée en mal d’expérience et de préparation.

Cependant, personne n’est dupe pour gober les menteries et les artifices des responsables de crimes d’Etat perpétrés sous les yeux de la communauté nationale et internationales contre des dizaines de jeunes sortis dans la rue exiger la dignité, la fin de la hogra (mépris doublé d’arrogance et d’abus de pouvoir) et la reconnaissance officielle de leur langue, civilisation et culture.

L’impunité des commanditaires d’assassinats des 126 martyrs de Kabylie

A présent, la population qui a déjà médité les entraves réservées au protocole d’accord portant sur la mise en oeuvre de la plateforme de revendication d’El-Kseur signé par les représentants des plus hautes autorités du pays et la délégation du mouvement citoyen en janvier 2005 s’est rendue compte d’elle-même des procédés de culpabilisation et de dépopularisation instrumentés à l’égard de ses représentants mandatés au sein du mouvement citoyen. La liberté et l’impunité dont jouissent depuis plusieurs années les auteurs et les commanditaires (membres de corps de sécurité et autres) d’assassinats des 126 martyrs de Kabylie et des milliers de blessés sont des indices supplémentaires sur la nature du système, ses agissements, ses manœuvres et ses tergiversations.

Aussi, il n y a qu’à observer qu’à la suite du recul, ces derniers mois, de la contestation en kabylie , les décideurs de l’ombre pour la région ont permis brutalement la reprise d’activités illégales et porteuses de nombre de dangers sur la sécurité et la santé des habitants. Les lieux de débauche, nid des corrompus de l’administration, de patrons véreux et de trafiquants en tous genres, sont actuellement rouverts un à un. L’anarchie et la violence se réinstallent dans les principales rues du chef-lieu de wilaya et de daïras au nez et à la barbe des services de sécurités et des responsables des tutelles concernées. Pour rappel, avant, pour pallier à la démission des services de l’Etat, ces activités ont été stoppées ou réduites grâce à la mobilisation des associations de la société civile derrière les délégués du mouvement citoyen.

Chômage, suicides et harragas

Toujours dans cette région, le taux de chômage est des plus élevés, les projets structurants de développement toujours à la traîne, le tout dans un climat sécuritaire inquiétant qui soulève des questionnements légitimes de la part des populations prises en tenailles entre les poussées intégristes d’un autre age et les velléités de soumission et de normalisation par la militarisation de l’environnement.

Le suicide fait des ravages parmi des franges qui n’aspirent qu’à vivre au rythme des progrès actuels et profiter des opportunités de la conjoncture parmi ses compatriotes pour s’assurer un digne niveau de vie et ne pas subir la fin tragique de beaucoup d’adolescents Harragas (clandestins) qui périssent en mer ou en cours de leur aventure vers l’Europe.

A cet effet, l’opinion nationale et internationale est encore une fois prise à témoin sur les dépassements graves et récurrents dont se rendent coupables les pouvoirs publics à l’encontre de la population meurtrie en général et des militants qui continuent de revendiquer la mise en place d’une véritable république démocratique et sociale qui consacrera les libertés, les droits de l’homme et la transparence dans la gestion des fonds publics.

Les instances en charge du suivi des accords internationaux conclus avec le pouvoir Algérien sont aussi interpellées quant au respect et à l’évaluation des engagements et conventions signés dans le cadre des lois internationales.

Aussi, nous avertissons l’opinion sur l’urgence de l’application complète du protocole d’accord sur la mise en oeuvre de la plateforme de revendication d’El-Kseur paraphé conjointement par la délégation du mouvement citoyen et le chef de gouvernement mandaté par le premier magistrat du pays

Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 novembre20

Belaid Abrika, délégué du Mouvement citoyen des archs

4 Réponses à “ABRIKA ECRIT A L’ONU”

  1. k2raguelid

    k2raguelid a dit:
    1 décembre 2007 à 12:28 éditeret bla bla bla et bla bla bla ! à l’image des commerces situé face à l’hopital de tizi !
    vous avez détruit l’arouch mr abrika ,vous ne représenter plus rien à part vous meme , et cette lettre je pense est peut etre votre derniere chance de revenir sur le devant de la scene !
    mr NACERI ,j’aimerais bien avoir votre point de vue , merci et ar tufath !

  2. k2raguelid

    k2raguelid a dit:
    1 décembre 2007 à 18:44 éditerabrika , tu me fait pitié ,les associations du canada ont deja ecrit 2 ou 3 jours avant toi !
    tu te croit malin ,mais il n’en ais rien ! les KABYLES le savent !

  3. Rabah Naceri

    Rabah Naceri a dit:
    1 décembre 2007 à 22:35 éditerAguelid azul fellak
    Il n’y a pas que Abrika qui a raté l’occasion de se taire, il y en a beaucoup comme lui qui roulent pour on ne sait qui.
    Tout comme toi, je voudrai savoir pourquoi Abrika a agit maintenant et que se cache-t-il derrière cette action publicitaire.Son contenu n’apporte rien de nouveau de toute façon.
    Je crois que Abrika a choisi son camp, et il est libre de le faire.

  4. si hadj mohand  abdenour

    si hadj mohand abdenour a dit:
    18 décembre 2007 à 19:04 éditerLe fils de fellagha : pas d’excuse, mais pas de
    Déni non plus.

    Par
    Abdenour SI HADJ MOHAND

    Il est hors de question pour moi, fils de fellagha, de faire endosser à un jeune français, président de la république soit il, les affres des stratèges du système colonial français, inique et violent.
    De même qu’il n’a jamais été question dans mon esprit, de confondre la responsabilité des harkis , avec celle inexistante de leur progéniture , quand celle-ci n’a pas , dans certains cas , été tout simplement engagée aux cotés des souffrances du peuple algérien , dans l’aggravation du drame vécu. Je détiens des preuves que je ne garde que pour réconforter ma conviction en la grandeur du peuple algérien et de sa révolution.
    Mr Sarkozy, me semble t il n’a pas à s’excuser, de son manque d’expertise dans l’exercice de président de la France et non moins puissance mondiale. Je lui accorde le sursis en ma qualité de victime de la France coloniale, pour maîtriser les enjeux futurs, mais aussi ,comprendre les conséquences des traumatismes qu’ont engendré dans les deux rives de la méditerranée, les combats, les embuscades, les crapahutes incessants, la faim, la torture et les viols qui caractérisent cette triste et trop longue période de l’histoire.
    Et pourtant ! Malgré l’incalculable préjudice subi par des générations entières, l’amitié algero-française n’a pas défailli et continuera d’exister, mais dans le respect mutuel, loin des calculs matérialistes, intéressés et malhonnêtes.
    Je ne demande pas à la France de s’excuser pour le crime des 1 500 000 victimes commis et la perte de 30 000 FSE ou encore pour les 250 000 harkis trompés, désabusés, avec loin de moi toute idée de compassion envers ceux qui ont trahi leurs frères et sœurs dans la détresse, le dénuement, la faim, la torture et la mort. Ils ont choisi le camp du fort et de l’injuste dans cette affaire d’invasion du territoire indigène qui pourtant les a vus naître.

    Dieu seul est capable de pardon, ou de punition quand le crime dépasse l’envergure et la volonté de l’homme pris dans sa folie meurtrière. Ce que les hommes ne peuvent réparer pour absoudre leurs fautes inexcusables. Laissons donc à Dieu ce qui appartient à Dieu et occupons nous de ce qui nous concerne ici bas, mais gardons nous de profaner la mémoire de nos aînés rappelés à Dieu dans des circonstances dramatiques, inoubliables.
    Sarkozy, président de la France soit il, ne peut arrêter le cours de l’histoire mais ne peut être accusé à tort lui même, de cette « expédition scientifique dans l’Afrique septentrionale ».mais il n’en peut lui devenir rentable politiquement d’en ignorer les buts et les conséquences.
    Que l’on se rende à l’évidence une fois pour toutes , que si aujourd’hui , tout de même, tous les candidats français à la présidence de la République se voient contraints de discourir longuement sur des thèmes aussi bizarres aux yeux des plus jeunes français, comme par exemple :
    • Le passé commun algero- français
    • Les fse
    • Les fsna
    • Les harkis
    • Les excuses que la France devra ou non présenter à l’Algérie pour le fait colonial
    • traité d’amitié algero-français
    • Les relations économiques privilégiées algero-françaises,

    C’est précisément qu’il existe quelque chose entre la France et l’Algérie, qui fait que le divorce total n’est pas sans conséquence fâcheuse quelques soient les flictions et les divergences , les deux pays , les deux peuples sont condamnés à se supporter et à vivre ensemble dans l’intérêt mutuel car, la guerre qui les avaient mis ensemble l’un en face de l’autre n’était autre que la voie choisie par le diabolique colonialisme qui a semé la peur et la mort dans les deux camps pour une cause perdue d’avance ou qui n’en était pas une du tout !
    La France d’aujourd’hui, je l’espère de tout cœur , n’a pas de motif à s’excuser de la démarche criminelle des colonialistes françaises si ce n’est de la reconnaître officiellement, à moins bien sur ,qu’ elle n’ait opté déjà , au lieu de cela , à s’évertuer à faire au contraire l’apologie du crime dont elle ne peut être rendue responsable , cette France de Sarkozy, que je souhaite non violente , non colonisatrice , non impérialiste , non génocidaire
    De là à confondre le Maréchal Randon, les généraux Mac Mahon, Yusuf, Cavaignac avec les présidents Chirac et Sarkozy je n’ai pas encore atteint l’âge de la Sélénite. Qu’on m’en excuse pour mon franc parler, car je n’arrive plus à me taire malgré que je m’y efforce. Car il est des moments et des circonstances où la parole, l’expression est la seule thérapie que l’on puisse gratuitement, mais la peur dans l’âme, s’offrir pour garder notre équilibre psychique. Car trop ! C’est trop !ce monde qui nous entoure où même les morts et enterrés continuent de subir l’affront des vivants.

    Abdenour si hadj mohand

    Auteur des ouvrages :

    1.fils de fellagha
    2.la guerre franco algerienne dans la poésie kabyle
    3.la guerre vecue par un chasseur alpin en kabylie
    4.Amirouche ? les fils de fellaghas et les chasseurs alpins
    Pour vos commandes : www.publibook.com

5 Réponses à “Belaïd Abrika écrit à l’Onu”

  1. si hadj mohand dit :

    Chapitre 2 : Femmes , enfants et chibanis , expulsés de leur village par la 1° section des chasseurs alpins dirigée par le lieutenant PELARDDI , aux ordres du capitaine Wolf et du Capitaine Favier.

    Qui ne se souvient pas non plus de ce lieutenant « boiteux », un chasseur alpin de haute et taille fine. Il donnait le visage d’un homme nerveux, irritable conviendrait le mieux pour le caractériser peut être plus juste. il dégaina son pistolet d’un geste fébrile avec l’intention avouée de tirer à bout portant sur mon grand père Hadj Ali , après que celui-ci lui eut intimé l’ordre d’inciter les villageois à s’enrôler dans les rangs de l’armée française , il avait répondu d’abord sans aucune hésitation « oui mon capitaine ! » pour n’avoir rien compris à ce que lui disait ce FSE de grade de lieutenant, avant de se corriger après que le harki présent sur les lieux lui eut expliqué dans sa propre langue la demande du lieutenant en ces termes : « A SIL HADJ ALI ! Je crois que tu n’as pas compris ce que le lieutenant est en train de te demander ? », En ajoutant : « il dit que vous devez, en votre qualité de chef respecté de tous les villageois, inviter vos concitoyens à porter l’uniforme français et assurer la garde contre les infiltrations et les attaques de fellaghas »

    A ce moment, comme dans une pièce de théâtre, El hadj Ali, d’un air étonné , et d’une voix excitée , avec un geste menaçant de l’index , lâcha son refus d’obtempérer : « abaden ! Jamais ! Nous ne prendrons les armes contre nos enfants et nos frères, fussent ils ce que vous appelez les fellaghas, encore mieux !des hors la loi ».
    La spontanéité et la détermination de notre chibani ont fini par excéder le militaire qui brandit le pistolet balle au canon, à cet instant précis, et comme dans un film de gangsters, un autre soldat fse bondit sur cette arme qu’il arracha d’un geste énergique de la main du lieutenant, pour l’empêcher de tirer. Il s’en est fallu de peu que notre chibani soit assassiné ce jour. A cause de son intransigeance ou de l’entêtement du roumi ? Qui avait raison dans cette affaire d’expulsion d’enfants et de femmes de leur chez soi.
    Wolf a tiré sa leçon, il n’y avait vraiment rien à faire avec cette famille de fellagas. Ils doivent tous quitter leur village. Mais où doivent ils aller ? Où peuvent ils se réfugier ? Surtout à cette période de l’année. les habitants des villages avoisinants vont-ils les accueillir comme des hotes , à bras ouverts ou au contraire appréhender leur arrivée – la peur des représailles, des habitants de Tikilsa , Taourirt , Tifilkout, Ait Ouatas ne va – t -elle pas pousser vers un conflit intestin ? Les membres de notre famille « de fellaghas » ne vont-ils pas continuer à errer dans les champs et finir par passer la nuit dehors ? Et ces enfants de quelques mois, quelques années qui n’ont pas eu droit ce soir à leur dîner, vont-ils pouvoir résister aux agressions de cette nature sauvage ? Ce climat capricieux et son amplitude thermique entre le jour et la nuit, ou entre les différentes saisons trop grande pour la supporter. Qu’importe ce sont des kabyles ou des arabes .ceux sont ce que les stratèges foudres de guerre coloniaux appellent sans hésitation aucune, sans état d’âme les dégâts collatéraux – encore faudrait- il faire prendre conscience à ces mêmes zélés que l’action militaire qu’ils menaient en ce moment précis, en cette année 1958, était loin d’être ce qu’ils appellent, selon leur propre vocabulaire, une opération de police. Qui plus est, ces enfants affamés, terrifiés, parce que leurs amours de papas ont pris le chemin de la rébellion. Leur résidence est le djebel, ils sont destinés à cette vie de sauvage. Cela me rappelle un Maréchal d’une certaine époque tout aussi triste qui faisait des femmes et des enfants des prisonniers, un butin de guerre. C’était en 1854, à ce même endroit que le Docteur et non moins général de division A Bertherand relevait déjà dans son œuvre « campagnes de Kabylie » « que plus 230 prisonniers ont été faits, des femmes et des enfant pour la plupart, À Thiferounene » pour dire Iferhounéne ; « en passant par illilten »
    Comme en 1954 les techniques ont évolué mais le but est demeuré le même : occuper, spolier, affamer, torturer, violer et assassiner ; pour quel objectif ? Au delà du dessein de la satisfaction des besoins économiques, il y a celui d’assouvir les instincts bestiaux, criminels.

    C’est la conjugaison de la recherche du bien être de l’humanité « européenne » avec la négaton, la suppression physique de l’humanité tout court. Si ce n’est pas cela le nazisme , alors je délire – laissez moi alors ce droit de délirer, de dire ce qui pour moi est lourd , trop lourd à supporter ; cette propension impérialiste à vouloir édifier sa stratégie de sortie de crise , de développement , de leur système global décadent sur le malheur de millions d’enfants , de femmes qu’ils livrent à la torture à la privation aux lois scélérates de l’impôt payable sur chaque arbre , chaque animal domestique que puissent posséder ces pauvres êtres transformés déjà en animaux eux mêmes. Ces enfants qui n’ont d’autre issue que la voie tracée par leurs pères et leurs frères aînés qui, malgré la supériorité écrasante de l’ennemi, ont choisi de se battre et mourir pour sauver ce qui reste de leur unique richesse: la dignité d’êtres humains.
    Ils se battent , ces colonialistes pour nous occuper, nous asservir , nous martyriser , nous spolier nous tuer. Nous nous battons pour exister.
    Ils sont les envahisseurs. Nous sommes les indigènes et non moins propriétaires des lieux. Légitimes.
    Ils sont dotés de gros moyens et d’esprit matérialiste. Nous sommes armés de la foi et du courage.
    Ils guerroient pour s’enrichir illicitement. Nous résistons pour vivre humblement. C’est la lutte du mal contre le bien où seule la volonté divine en sort triomphante.
    Ils tuent leurs frères issus du même ancêtre Adam, l’œil sera toujours là à les regarder du ciel, et la fin de la guerre n’est pas la fin du supplice, Celui de l’esprit pour ceux- là qui auront dans le feu de l’action oublié qu’il existe un jugement dernier que chaque être humain, agresseur ou victime doit inexorablement subir. L’agresseur ne pourra impunément oublier sa victime ; l’espace d’une courte existence pour savourer le butin illicite et illégal, fruit d’une sauvage, criminelle, génocidaire invasion

    Extrait de l’ouvrage :
    « Les troupes du colonel Amirouche, les Chasseurs alpins et les Harkis, en Kabylie » Guerre d’Algérie 1954-1962

    Du même auteur : Abdenour Si hadj Mohand
    1. la guerre vécue par un chasseur alpin en Kabylie
    2. la guerre franco algérienne dans la poésie kabyle
    3. Fils de fellagha
    Aux éditions publibook, 14 rue des volontaires Paris 75015 : http://www.publibook.com

  2. si hadj mohand dit :

    chapitre : – x- la vache blanche et les orphelines

    Je me rappelle de cette vache blanche que mon grand père nous avait achetée. .Cette vache qui nous fournissait du lait et du beurre à profusion à tel point que nous nous permettions d’en dégager un surplus que nous mettions en vente sur le marché informel. Nous étions vraiment heureuses. J’aimais beaucoup cette vache qui faisait partie, en quelque sorte des membres de la famille.
    Un jour pourtant, nous serions forcés en nous en séparer pour la mettre en vente sur le marché de la petite ville de TADMAIT. En effet, ma sœur aînée Fatma, qui venait de s’inscrire au lycée, pour constituer son trousseau, avait besoin d’argent d’une part et d’autre part nos besoins pour notre propre alimentation ne cessaient de croître pendant que nous grandissions au rythme des années qui nous donnait l’impression de s’accélérer. Nous n’avions pas d’autres sources de revenus, c’est pour cela que nous devions faire le sacrifice de cette vache, à contre cœur tant elle compensait pour nous le déficit d’affection que l’on pouvait ressentir dans notre situation d’orpheline. C’est vrai que la présence d’animaux domestiques dans un foyer, à fortiori, réduit à sa simple expression, procurerait une dose de bonheur, de joie et de chaleur. Nous venions d’en être privées par le sort et par la situation précaire que nous vivions.

  3. iferhounene dit :

    Guerre d’Algérie 1954-1962
    Accrochage à Iril El Arvi
    Iferhounéne

    Eté 1961, toute la région d’iferhounéne était plongée dans le noir d’une nuit fraîche sans étoile, ni clair obscur. À 150 mètres seulement du village est posté depuis 1956 le camp des chasseurs alpins entouré de fils barbelés et quadrillé aux quatre coins cardinaux par des blockhaus.

    Régulièrement les soldats roumi, accompagnés de supplétifs autochtones, venaient visiter le village non pas pour un Salem alikoum (1) plein de courtoisie pour ces kabyles à l’hospitalité légendaire, mais bien pour s’adonner aux fouilles et aux interrogatoires d’une population déjà fortement ébranlée par les premières exécutions sommaires et les fréquentes attaques nocturnes des éléments solidement armés du redoutable colonel Amirouche.

    (1) Salem alikoum : que le salut soit sur vous

    Cette horde de fse et fsna, vient souvent la nuit arracher brutalement à leur sommeil profond, ces montagnards innocents, primitifs j’allais dire sans aucune connotation péjorative. La trouille, la faim, le froid règnent déjà en maîtres absolus dans cette atmosphère de guerre, de mort.

    Cette nuit, ils étaient nombreux, ces fsna envoyés en renfort à partir de Palestro (2).Ces soldats français d’origine algérienne, on les appelait ici chez nous, les Imnouchens (2).

    (2) imnouchens : c’est le nom en kabyle donné aux supplétifs de la région de Palestro ( Lakhdaria) qui sont dispatchés sur d’autres régions de Kabylie

    Ces imnouchenes, vont se fondre dans cette compagnie composée de plusieurs sections de FSE, FSNA, et de harkis originaires des villages avoisinant. Il y en aurait même de nos voisins, sans doute un peu trop jeunes pour se manifester de façon agressive.
    Cette nuit qui restera gravée dans la mémoire de tous ces indigènes kabyles
    Sera témoin pour l’histoire de la Kabylie d’un violent accrochage entre fellaghas et les éléments supplétifs fsna, ces imnouchens, encadrés par les chasseurs du lieutenant HEIM.

    A contrebas du village iril El Arbi (Ath ARVI en kabyle) à 1 km à peine à vol d’oiseau et à moins de 3, en empruntant la piste carrossable et sinueuse, un dur accrochage venait de se produire, opposant un groupe de maquisards retranchés dans une grotte au lieu dit thilmanthine (3), aux militaires français qui les avaient encerclés.

    (3) thilmathine : champ situé à contrebas du village ATH ARVI, et surplombant le village TIKILSA, sur le trajet de l’oued Tirourda.Ce nom de camp, comme, il est courant chez les kabyles, est donné pour signifier les prairies.

    Cet accrochage va mobiliser des renforts militaires mais aussi des hommes kabyles puisés dans la population civile. Le repère des fellagas cerné, mis dans un état de siége, attendait des renforts et des munitions du camp d’iferhounene. Il était à peine 6 heures ou 7 heures du soir.

    Une section complète des chasseurs alpins, dans laquelle figurait le redoutable harki du nom de Mohand T s’est déplacée au village vers 8 heures du soir pour réquisitionner, hommes et bêtes de somme, et mon frère abdallâh, Houche Tahar, Si Hadj Mohand s, Belkadi A, Samer M feront partie du lot. Ils seront sans doute utilisés comme instruments, moyens ou
    Simplement comme chair à canon dans cette sale besogne : assurer l’acheminement des caisses de munitions, et des rations alimentaires pour ces embusqués dans la forêt au pied du piton sur lequel de loin, nous apparaissait, perché au sommet, le village Iril El Arbi. (4)

    (4) Iril El Arbi : nom donné par la France coloniale au village kabyle ATH Arvi , situé entre les villages de Soumer et Iferhounéne.

    Le chemin emprunté, accidenté, s’étirant sur un relief escarpé, avait été bifurqué sciemment pour éviter tout accrochage ou embuscade qui seraient provoqués par la présence d’éventuels groupes de fellaghas qui font légion dans cette partie du territoire.
    Le convoi doté de bêtes de sommes devait emprunter un itinéraire des plus irréguliers, pour tromper sans aucun doute la vigilance des guetteurs kabyles qui se sont montrés très efficaces dans leurs missions courageuses et dangereuses.
    Au départ du village, le harki notoirement connu en l’occurrence Mohand T. commençait à proférer des menaces en direction de mon frère Abdallâh qui devait avoir à cette époque à peine 17 ans.
    Il avertit d’emblée les autres supplétifs et harkis en le désignant tout de go, qu’il ne fallait , en aucun cas faire confiance à un frère doublé de fils de fellagha, à ce jeune à la tête dure et dont les prédispositions à devenir terroriste ne trompent personne. Son frère, son père, son oncle et ses neveux sont des maquisards de première heure, et tous sans exception ont été abattus, pour le grand bonheur de la France coloniale certes mais non pour ce harki qui se bat pour une cause perdue d’avance au mieux, au pire pour un idéal qui n’en est pas un.

    On s’avisa, bien sur , vite de l’isoler du reste du groupe de civils kabyles réquisitionnés pour cette opération – le harki Mohand Précisait de plus en plus sa menace de tuer mon frère dans le cas ou il ne coopérerait pas.
    Il s’adressa à lui en ces termes, pour, d’abord le terroriser :
    - « Avec la volonté de Dieu, ce sera aujourd’hui ton dernier jour. tu ne reviendras pas vivant de cette opération. je te le promets »

    La réponse de mon frère ne s’était pas faite attendre et , le moins que l’on puisse dire est qu’elle était chargée de toute la rage et du dégoût que l’on doit à cet ennemi , le colonialisme français ,qui l’avait déjà privé de tous les soutiens dont il pouvait avoir besoin dans pareilles situations de guerre : son frère Chérif tué en 1957 au village Mahmoud , son père Hanafi , froidement assassiné , sa tante Zineb , tuée dans une embuscade ,à Ait Ouatas lors de l’opération jumelle, son oncle Mohand Ouamar tué dans un accrochage non loin de Bouessaoud , à la même époque , son neveu Mbarek également tué dans une embuscade non loin de ichariden en 1960.
    Sa voix se fit alors défiante, entrecoupée de sanglots, il perdit à ce moment, toutes ses inhibitions devant cet ennemi ignorant le bon sens et la logique des choses. Il cracha alors son dégoût dans un ultime courage d’un jeune homme dont on s’attelait à briser la personnalité, la virilité, l’existence même en tant qu’homme. Son équilibre psychologique risquait alors de prendre un coup, et il ne pourrait s’en remettre de cette épreuve qui était faite pour le marquer à jamais, s’il s’en sortait vivant. C’est le traumatisme irréversible, ce que les stratèges coloniaux font passer dans leur opinion publique en usant de termes cyniques, effrontés et éhontés : les dégâts collatéraux.
    Il était dans un état second , et il avait un instant perdu tous ses freins psychologiques,et dans une sorte de prière adressée à Dieu ,pour une dernière fois , s’adressant au harki qu’il arrosa copieusement de paroles assassines ,mais néanmoins venues du fonds du cœur :
    - « Si Dieu le veut bien, tu périras avant moi ! Oh Mohand T. Je suis très confiant en Dieu, et quelque chose me dit que tu seras mort avant moi. Donc je survivrai bien longtemps à toi. Tu auras tout le temps de le vérifier ». En effet, la suite des événements, et l’avènement de l’indépendance nous confirmerons que cette prière sera non seulement entendue mais qu’elle sera exaucée dans des conditions horribles. Dieu n’a t-il pas été clément envers les égarés ou bien a-t-il réservé au péché le châtiment idoine ?
    A cette réplique Mohand T réagis avec stratégie pour se venger de ces offenses venant d’un fils de fellaghas, d’abord en encaissant le coup, et ensuite en tentant d’exposer sa victime à la vindicte des harkis, fsna et fse tous confondus. Les soldats présents, emportés par le manége de Mohand T qui avait mis toute la force de ses arguments et son énergie pour attirer la méfiance sur lui en le présentant comme un fils, également un frère, ensuite un neveu de fellaghas. puisque toute la famille est considérée « famille de fellagas ». En effet cela se justifiait amplement dans les faits. Les arguments que ce harkis haineux avait déployés ne nécessitaient pas trop d’efforts et valaient autant de preuves irréfutables, pour être acceptés, avalés même sans difficulté par cette bande très encline à tuer tout ce qui leur paraissait à leurs yeux, de prêt ou de loin, ressembler aux fellaghas, dans ce bled qui, pourtant les a vus naître et souffrir et grandir.
    Il finit donc par faire admettre aux autres soldats que ce jeune Abdallâh n’était autre qu’un indicateur des « fels » (5), et donc un futur fellagha en puissance.

    (5) Fels : diminutif de fellaghas : mot utilisé par les colonialistes pour designer les maquisards algériens. les artisans de la colonisation usent beaucoup de termes méprisants comme : fellouzes, les rebelles, les terroristes.

    On isola abdallâh des autres et on l’attacha à un des ânes qui ont servi à transporter les munitions et les provisions alimentaires sur les lieux où se déroulait le bouclage.
    toute la nuit durant , tout ce monde attendait le lever du jour pour lancer une offensive sur les éléments FLN , encerclés depuis déjà plus de 24heures, retranchés dans ce trou qui surplombe la position des militaires de l’armée française., sans que ceux ci puissent les atteindre.. Un véritable siège qui a duré jusqu’au matin.
    Les 3 maquisards ne pouvaient alors s’échapper du trou dans lequel ils s’étaient terrés. A ce moment, les éléments qui encerclaient la grotte se mettent à attaquer nos 3 djounouds usant d’un feu nourri de toutes leurs armes y compris le gaz asphyxiant.
    « Les rebelles » acculés sans doute par la puissance de feu et bientôt la raréfaction de l’air à l’intérieur de la grotte à cause de la fumée qui avait envahi l’atmosphère. gênés dans leur respiration par les gaz,ils se sont mis à tirer presque au hasard et subitement, nous voyons, l’un d’eux surgir du trou de la grotte, donnant l’impression d’être éjecté, propulsé par une catapulte. Il fut accueilli en l’air, par un feu nourri. Et pendant qu’il culbutait dans l’espace, il tressautait à l’impact des balles des armes qui continuaient à déverser sur lui un déluge de feu. Il continua son vol plané sur une distance de plus de 100 mètres pour atterrir dans une cuvette, une sorte de bassin rempli d’eau de rivière d’une profondeur de 1 mètre.
    On pouvait alors très visiblement distinguer le corps de cet homme de corpulence, Ouazzeddine, un natif de Taourirt BOUDHELES, un village non loin de TIFILKOUT.
    Mitraillette aux poings, il atterrit au sol la tête en bas et les pieds en haut, au bord du bassin du roumi, en kabyle thamdha ouroumi (6) sa mitraillette lui ayant échappé des mains ira se flanquer contre le talus, quelques mètres plus haut que son corps terrassé par les balles assassines qui ne cessèrent de lui transpercer le corps.

    (6) Thamdha Ouroumi : traduit littéralement : la mare du Roumi, un espèce de bassin naturel formé dans l’oued Tirourda. À cet endroit la profondeur de l’eau pouvait atteindre pus d’un mètre.

    A ce moment, Plus aucun tir, un silence macabre envahit l’atmosphère. On obligea alors mon frère à descendre au fond de la rivière ou gisait le corps inanimé du moudjahid.un homme robuste ,80 kg, beau, perdant son sang dans le bassin débordant d’eau de rivière. Il devenait de plus en plus clair,et sa peau prenait une couleur argentée, en même temps que son visage s’illuminait,pour donner l’impression d’un enfant qui dormait d’un sommeil tranquille, un bébé détendu , à qui ne maquait que le sourire pour rayonner de toute son innocence et sa splendeur. Il venait de nous quitter, pour de bon, et les multiples tentatives pour le remonter au niveau du groupe qui juchait au-dessus de la tête de Abdellah, mon frère, ont été vaines tant cet homme paraissait, à cause de l’effet de l’inertie, peser plus de 200 kg. d’une part , et le relief escarpé ; ne permettait même pas d’essayer de crapahuter avec un poids de cette taille sur le dos, d’une autre part.
    On commença alors à lapider mon frère du haut du talus, en se moquant de lui.
    Pendant qu’il essayait en vain de remonter ce corps qui, maintenant a perdu tout son sang et, devenu très clair et brillait à la lumière du jour, on dirait un poisson argenté qui scintille aux rayons du soleil, on ordonna à mon frère de desserrer la ceinture du mort et de récupérer ses rangers.Ce qu’il fit sans protester.
    Pendant ce temps, les harkis continuaient de lapider, en bas, mon frère. On lui demanda de reconnaître le fellagha.en vain. Mohand T s’improvisa alors meneur de l’interrogatoire :
    - « le connais tu ? » demanda t il à mon frère.
    - « non ! » lui répondit il, sèchement.
    Vers 10 heures trente, arriva alors sur les lieux, le lieutenant Boucher en provenance du camp….
    Il vint immédiatement aux informations.Un compte rendu rapide lui fut fait par les harkis zélés. Et c’est à qui narrer les faits le plus promptement au lieutenant. : 3 MORTS, dont 2 par asphyxié à l’intérieur de la grotte. Tous fellaghas armés. deux seront vite identifiés par nos villageois sans que les militaires n’aient obtenu de précision : Hormis celui dont nous avions parlé plus haut , enl’occurrence Ouazzeddine , le deuxième , Ali serait d’origine de Ait NZER , un village non loin de Ahdouche.Quant au troisième personne ne pouvait donner une quelconque indication à son sujet.Observant la situation lamentable dans laquelle se trouvait ce jeune kabyle de 17 ans, mon frère en l’occurrence, Le lieutenant qui venait d’arriver a vite compris qu’il pouvait être en danger de mort. , en voyant l’acharnement des soldats fsna.il ordonna alors à tous les soldats de cesser ce manège. Quelques Imnouchens continuaient cependant de lapider donnant l’impression de se ficher royalement de leur supérieur.
    Pris dans un accès de colère, le lieutenant menaça alors quiconque continuerait de lui désobéir. il ordonna que l’on cessa toute agressions contre mon frére.il prit alors l’initiative du commandement et demanda du haut du talus, à Abdellah , pendant que ce dernier continuait à tenir compagnie au cadavre du fellagha : « est ce que vous pouvez comprendre ce que je peux vous dire ? ».MOHAND T s’empressa de traduire en kabyle les paroles du lieutenant en assortissant ces paroles de menaces. « Il te demande est-ce que tu vas répondre à ses questions en disant la vérité ? »
    Réponse de mon frère Abdellah en kabyle :
    - « mon lieutenant, il veut me tuer ! »
    Le lieutenant Boucher :
    – « demande lui de choisir quelqu’un pour lui traduire ce que je dis ».on lui expliqua ce que venait de dire le lieutenant .Il s’empressa, cependant de répondre toujours en langue kabyle :
    - « expliquez à mon lieutenant que je ne peux accepter comme interprète ni Mohand T ni Y.M, Ni BM, »
    Le lieutenant :
    – « alors qui veux tu prendre comme interprète pour te faire comprendre ? ».Et mon frère Abdellah de répondre :
    - « je veux que ce soit Mohand Ouidir Ath M qui traduise ce que je dis au lieutenant et qui m’explique ce que me réponds le lieutenant » »
    Alors le lieutenant commença à poser ses questions
    - « pouvez vous reconnaître le corps de ce fellagha mort qui est devant vous ? »
    Le supplétif MOhand Ouidir Ath M traduisit cette phrase non sans encourager mon frère :
    - « Écoute !il te demande si tu connais cette personne qui gît devant tes pieds, vas y parle ! Ne soit pas effrayé. Tu n’as rien à craindre. J’arrangerai la traduction. Il te suffit de remuer les lèvres, le reste je m’en occupe »
    En même temps qu’il traduisait Mohand Ouidir Ath M. encourageait mon frère.Reprenant son courage à deux mains, mon frère finit par dégeler sa situation et se mit à déverser toute sa rancune sur ce supplétif, qui lui avait jusque là rendu la vie très dure, en l’occurrence Mohand T, puisque l’occasion d’or venait de lui être offerte par ce harki et non moins patriotique Mohand Ouidir ath M.
    Pris dans cet élan sentimental, il finit par se hasarder dans une aventure de discrédit du terrifiant Mohand T.
    - « écoute Mohand Ouidir Ath M , je te demande de traduire intégralement ce que je vais dire au lieutenant Boucher , que j’ai été frappé et menace par Mohand T. dis lui qu’il a juré de me faire la peau, vas y traduit, je t’en supplie Mohand Ouidir ! »
    Sans attendre la traduction, le lieutenant avait saisi quelques mots qui pouvaient suffire pour comprendre le danger qui guettait mon frère. Suite à cela, il ordonna ferment à tous, en martelant ses mots :
    - « je vous avertis cette fois, que s’il lui arrive quoique ce soit à ce jeune, vous me le payerez très cher ».
    Le lieutenant savait tout sur mon frère. Quand on est lieutenant de SAS, inutile de se faire narrer que ce jeune Abdellah était bel et bien issu d’une grande famille de fellaghas. Il savait que le qualificatif dont l’affublait le Harki , le futur fellagha , disait il à qui veut l’entendre, n’était qu’une psychose d’un individu qui se sentait rangé du coté d’une cause qui n’était pas la sienne, et, qui plus est, cette cause ne pouvait le servir dans l’avenir. Mohand T avait senti, ce jour que le pouvoir ne lui appartenait pas et que ses méfait, sa capacité de nuisance étaient, tout de même, limités par L’ordre colonial qui, lui, avait un autre objectif, un autre dessein que de satisfaire l’esprit agressif et belliqueux d’un kabyle faible d’esprit, ignorant ses origines et n’envisageant aucune perspective claire d’avenir pour ses propres idées si tant est qu’il en avait quelques unes.
    L’histoire retiendra également que ce supplétif zélé ne profitera pas des effets positifs de la France coloniale

    Extrait du livre « Kabylie : la guerre vécue »
    1954-1962

    Du même auteur :

    1. fils de fellagha
    2. La guerre franco algérienne dans la poésie populaire kabyle
    3. la guerre vécue par un chasseur alpin en kabylie
    4. les troupes du colonel Amirouche
    5. la Kabylie : la guerre vécue-1954-1962

    http://www.publibook.com

  4. I M dit :

    tous les berberes pour la commimoration de 20 avril 80 pour l’identite berberte

  5. Anonyme dit :

    lkjkgdtresdscxvvbg-(s-(xjytd (__èyiukli_–_h

Laisser un commentaire

 

amdh meknes |
FUC |
Blog de la promo 2004 de Su... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | validation des acquis
| St Etienne GAY
| JEM School ... ج...